The wasteland [RP post-apocalyptique]


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Abraham 95

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Sujet du message: Dans la Cour du Roi Écarlate
Publié: 23 Déc 2015 17:45



Abraham 95, après s'être jeté à terre de terreur, s'être roulé dans tous les sens en hurlant de cris d'horreur à s'en détacher la mâchoire, après avoir été au bord du suicide ("plutôt mourir que d'être tué", s'exclamait-il souvent), décida finalement de se calmer et de voir ce dont il s'agissait. Et de fait, rien de bien méchant.
Devant Ilario et lui, tous deux rampant sur le sol telles des larves suppliantes, se tenait debout Mika, un revolver ACME (le même modèle que Bugs Bunny, excusez du peu) à la main.
Après une ou deux secondes d'absence, le vieil homme se remit sur pied et accourut vers le Joker.


"Bah alors, pépère, c'est pas une blague à faire à un vieillard comme moi, ça ! Qu'est-ce que tu deviens ?" demanda-t-il avant de se souvenir que tout autour d'eux était pillages et désolation. On ne devenait pas, dans le coin, on rancissait plutôt dans sa fange.
Sans plus attendre, il fit état de la sitation d'Ilario et lui.

"J'ai vécu de sacrés merdes de mon côté depuis la dernière fois qu'on s'est vus... D'ailleurs c'était quand ? Ouah, bof, je sais pas..." Et son regard se perdit à nouveau, dans une brume indécise, avant de reprendre: "Peut-être bien lors de l'invasion zombie, la deuxième... Oui, sûrement... Enfin bref, en tout cas ça fait un bail... Je te raconterais ce qui m'est arrivé de mon côté, t'en reviendras pas..."

Voyant le visage dégarni de son pote, Abraham l'invita à s'asseoir au coin de leur feu de camp, et partager les menus restes de leur repas frugal.
"Enfin, pour en rester au temps présent... En traînant dans le désert poussiéreux qui nous sert à présent de lieu de vie, je suis tombé sur Ilario White, que voici. C'est un ancien monoraillien, comme moi. Tu n'es pas sans savoir que Monorail est une des deux seules villes à avoir survécu. Je suis passé par Springfield. Je n'y ai croisé personne, il paraît que Souffle Silencieux – un vieil ami à moi, mais tu dois le connaître, il a fait parler de lui lors du Grand Voyage – il paraît donc que Souffle Silencieux y vit et à réussit à construire deux-trois bicoques, mais bon, rien de satisfaisant.
Enfin bref, du coup, on s'est mis tous les deux en tête de chercher Monorail. Non seulement parce qu'il s'agit de notre ville d'origine, mais aussi parce que ça m'a tout simplement l'air d'être le seul endroit épargné par la déchéance qui s'est abattue sur la contrée...
Je suis allé à l'emplacement de Mono', sur l'embouchure du fleuve Mythe. Plus rien. Je pense que la machine de Frink l'a ramenée à un endroit aléatoire. Mais personne n'est capable de me dire où."

Derrière eux, une sombre silhouette, ligotée et bâillonnée (et qu'on surnommait the Gimp dans le milieu), se mit alors à gémir.

"Ah oui, et quand on est arrivés dans les ruines de ce pâté de maison, on a croisé Fry. Il a avait l'air sacrément hostile, du coup je l'ai paralysé avec ce pistolet laser, là. J'ai pas l'impression qu'il m'ait reconnu."

Sur ces entrefaites, leur goût commun pour les paysages poétiques et la contemplation mélancolique (Mika n'était-il pas surnommé le Prince des Poètes de SC en son temps ? Non, en effet, il ne l'était pas) les avait conduit au bord de la fenêtre, à regarder la plaine environnante éclairée d'une légère lune, voilée d'un nuage de sulfure de potassium.
C'est alors qu'à leurs pieds ils virent s'avancer un guerrier solitaire, vêtu d'une armure écarlate, le visage caché par son casque platiné, et recouvert çà et là de ce qui ressemblait à ses morceaux pulvérisés d'homaroïde.
Abraham avait comme un mauvais pressentiment quant à cette apparition.




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Fry3000

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Sujet du message: Re: The wasteland [RP post-apocalyptique]
Publié: 24 Déc 2015 3:47

L'homme avec la chevelure rose n'avait cessé de jacasser depuis des heures. Ne laissant même pas la parole à son interlocuteur, un nouvel arrivant.
Lui, attaché et à terre, n'en pouvait plus. Mais il avait senti du bout des doigts quelque chose de pointu, mais à la surface lisse. Un bout de verre, aussi large que sa paume. Après quelques minutes, il arriva à détacher ses liens en les frottant sur le bord aiguisé. Une fois débarrassé de la corde, il put remarquer qu'il s'était bien entaillé la main. Pour ne rien gâcher, il s'étala le sang sur le visage, en guise de maquillage grotesque.
Il lui fallait une arme. Il regarda autour de lui, il y avait un cactus à quelques mètres, cela ferait l'affaire. Il se saisit d'une machette qui se trouvait à terre, coupa le cactus à sa base, et l'attrapa avant de foncer sur le vieux barbu.
Il le frappa du mieux qu'il pouvait, tout en se piquant les mains. Le vieux hurlait quelque chose, impossible de le comprendre avec un cactus qui frappait son visage à chaque tentative de début de phrase.
"Raille... ? Raï ?" Était-ce cela qu'il disait ? C'est lorsque les épines du cactus restèrent coincées dans la barbe du vieillard qu'eut lieu le déclic. Fry. Cette simple syllabe éveilla quelque chose de profondément enfoui.


-Grrrreubmb.

Ce son venait-il du fond de sa gorge ? Quand était la dernière fois qu'il avait eu l'occasion de l'utiliser ? Il n'avait pas parlé à quelque depuis... depuis...
Il fit un effort pour s'exprimer.


-Fry... Je suis... Fry.

Il ne reconnut même pas sa propre voix. On l'aurait dit rouillée, tel un vieux mécanisme qu'on remettait en marche après des années à prendre la poussière.
Puis il tira un bon coup sur le cactus, qui arracha un bout de la barbe. Et Fry put de nouveau donner des coups.




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Abraham 95

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Sujet du message: Un Joli Conte de Noël
Publié: 25 Déc 2015 17:17



Abraham 95 se rendait à présent compte, tandis que sur son visage ridé pleuvaient les coups de cactus, de la solitude dans laquelle Fry son aimé avait vécu depuis des mois maintenant. Sans personne à qui parler, il avait fini par ne plus rien prononcer, jusqu'à ne plus penser, et sans altérité, son propre ego s'était délité peu à peu.

N'y a-t-il pas là quelque chose de curieux ? Comme si le personnel ne pouvait se définir que par la singularité, celle-ci ne pouvant être mise en relief dans la solitude... Dans une société uniformisée, on ne peut pas par définition développer une personnalité singulière... Et comme si la société uniforme était à présent réduite à sa seule personne, sa personnalité s'en est allé. Et c'est par son prénom, par l'appellation sonore de sa personne singulière antérieure, que renaît soudain ce qu'il était...

Ainsi pensait le vieil homme. Et, parallèlement à ces grandes envolées philosophiques – dont la profondeur, venant de sa part, lui semblait comme inexplicablement étrangère – il sentait monter en lui un sentiment d'acceptation, dont il ne savait là encore déceler l'origine. Comme si ce n'était pas fondamentalement injuste que Fry, après toutes ces années de passion charnelle, ne le reconnaisse pas. Une forme d'apaisement, de renonciation, face à quelque chose qui semblait le dépasser.

Cependant, sur ces entrefaites, le bordel monstre foutu dans ce tabassage cactacé avait évidemment atteint l'oreille attentivement hostile du guerrier écarlate.
Celui-ci débarqua sans plus attendre dans la pièce, mettant en joue nos 4 amis camarades errants de son pistolet laser.
Après avoir jeté un rapide coup d'oeil sur ses proies, le guerrier sembla pris d'une hilarité spontanée. Puis, se redressant, il souleva sa visière. C'était Abraham 95.


"- Salut, vieux frère ! fit le guerrier écarlate, clignant de l’œil.

- Merde, c'est un de mes clones, s'exclama Abe le dingue, avant de se tourner vers les autres, oui, j'ai été cloné, mais... J'ai expliqué tout ça à Ilario, fallait être là, enfin bref."

Le guerrier écarlate sembla comme pris d'un doute quand à la suite à donner à cette affaire. Comme si l'occasion était trop belle pour simplement finir en une exécution sommaire.




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Hazel

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Sujet du message: Re: The wasteland [RP post-apocalyptique]
Publié: 14 Jan 2016 10:55

Hazel va mourir.
Elle va mourir car ses jambes commencent à faiblir, son genoux gauche montre des signes de faiblesse et parce que ses poumons hurlent. Il lui faut une solution, une sortie à ce labyrinthe, une échappatoire.

Mais pourquoi donc parcourir un labyrinthe en courant ? Que fuit elle ainsi ?
La réponse est simple : Un Smürg de la Vallée des Larmes.
Inutile de vous décrire la bête, tout ce qu'il faut en savoir c'est qu'il est moche, gluant, méchant, une véritable aberration.

Soudain : Miracle ! Une grande écoutille, blindée, mais munie d'un système d'ouverture (pas comme les 2575 précédentes).
Hazel fonce dessus, et s'acharne comme une forcenée sur le mécanisme pendant que le Smürg pousse au loin sa plainte d'affamé chronique.
L'écoutille fini par céder et la jeune femme s'extraie des lieux refermant tout de suite derrière elle.

Elle prend une profonde inspiration et consulte le Pip-Boy 3000 accroché à son avant bras gauche. Celui ci lui indique qu'elle est fatiguée mais en bonne santé physique. Heureusement qu'il est là, sans lui elle n'aurait pas su qu'elle s'était cassé une côte il y a environ 4 mois.

Hazel inspecte l'endroit : toujours en sous terrain, une sorte de tunnel du genre qui accueille habituellement un métro et une légère lueur perçant l'obscurité, provenant sans doute de l'extérieur.
Elle décide de se poser quelques minutes prenant le temps de vérifier son équipement.

Ses vêtements avaient clairement fait la guerre :
t shirt noir dépourvu de forme, plus proche de la loque que du vêtement, écharpe élimée, casquette militaire, short en jean troué, leggings aux motifs kitch très anglais (grosses roses et petits chats) en piteux état et rangers en mode récup'.
Son sac à dos fabriqué main ne faisait pas le fier non plus mais tenait encore le choc.
Au final, la seule chose qu'elle possède en bon état était le holster auquel sont accrochés ses piolets, son grappin et un USP Match pour lequel elle n'a jamais eu de munitions.

Elle fouille le sac, s'assurant que l'Objet est toujours là puis en sort un dragon violet en peluche.


"Enfin sortis ! Tu vois qu'il ne fallait pas désespérer !"

"Comme si ! Rappelles moi qui était sur le point de baisser les bras et de se lancer dans un ultime combat contre un ennemi dix fois plus fort qu'elle ?"


La demoiselle affiche une moue boudeuse et range le dragon dans son sac à dos.

Après 20 minutes de marche, elle débouche enfin dehors, découvrant des terres désolées.
C'est après d'autres minutes qu'elle aperçoit d'autres formes de vie auxquelles elle fait signe.


NB : Voici ce que voit un oeil extérieur lorsqu'elle converse avec Snark, le dragon violet en peluche : Une fille qui cause à une peluche.

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Sujet du message: Re: The wasteland [RP post-apocalyptique]
Publié: 22 Jan 2016 1:06

Voyant apparaître le clone d'Abraham, Fry ne savait plus quoi faire : qui frapper ? Il alla vers le nouvel arrivant, tira sa barbe pour voir si elle était vraie. En tout cas elle sentait comme une barbe de vieillard, avec des restes de nourriture coincés dedans, ajoutant un peu de couleur au milieu de la blancheur du poil.
Fry fut rappelé à l'ordre par un tapotement du pistolet laser dans son bide.

Ne comprenant pas exactement ce qu'il se passait, il se demanda s'il avait un double, lui aussi. Est-ce ainsi que les choses étaient censés être ? Tout le monde avait-il auparavant une copie de soi ?
Toutes ces réflexions l'embarrassèrent, Fry réagit par la seule chose qui lui venait à l'esprit, la violence. Il donna un gros coup de poing dans la figure de la personne non armée la plus proche de lui, Abraham, qui s'effondra à nouveau par terre.
C'est alors que Fry aperçut, derrière le vieux barbu, une silhouette qui venait par là.
Il avait vécu seul pendant... il ne savait plus pendant combien de temps, des éons lui semblait-il, et soudain voilà que toutes ces personnes débarquaient en même temps, au même endroit. Mais par quel hasard extraordinaire ?
Tout cela s'exprima par un grognement. C'est quand les autres se retournèrent sur la femme qui venait vers eux que Fry en profita pour se cacher. Il se roula en boule en fermant les yeux, les bras devant son visage.
Peut-être que s'il ne voyait pas les autres, ils ne le voyaient pas non plus ? Il espérait, du moins.




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Hazel

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Sujet du message: Re: The wasteland [RP post-apocalyptique]
Publié: 29 Jan 2016 15:11

Hazel modifie son pas, jusque là assez enjoué, pour une marche plus réservée et prudente à leur approche, car visiblement, ils se battent.

Une fois à leur hauteur (à distance raisonnable tout de même) elle s'incruste tel un cheveux au milieu d'une soupe.


"Salut.... savez vous..."

Elle s'arrête. Rendue perplexe par la silhouette roulée en boule elle ne peut se concentrer sur autre chose.

"Euh... il pense qu'on est des Hannetons Gloutons de Tron ou quoi ? Hey ! Tout va bien ?"

Sans attendre de réponse elle continu sur sa première lancée.

"Bref. Je n'ai aucune idée de l'endroit où je me trouve, quelqu'un pourrait il m'éclairer ? J'en ai assez d'errer. Où se trouve la civilisation la plus proche ?"

Cela fait en effet un sacré bail qu'elle n'a pas été en contact avec la civilisation. Elle était partie de sa bourgade pour mener une exploration dans une forêt dite hantée afin d'y trouver un artefact. Tous ses compagnons sont morts au court de ce voyage et elle s'est donc retrouvée toute seule pour atterrir dans ce labyrinthe où elle n'a croisé que monstres et hallucinations.

D'ailleurs, peut être suis je en train d'halluciner en ce moment même ?

Elle se pince les avants bras, histoire de vérifier.

Abraham 95

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Sujet du message: Le Temps des Colonies
Publié: 06 Fév 2016 15:23

Désolé du retard.



Abraham 95 se relevait doucement du pain dans la gueule balancé sans crier gare par Fry, quand il vit Hazel en face de lui. Une fille sortie de nul part qui se pinçait les bras. Sûrement une junkie essayant de se faire ressortir les verres pour se faire une petite piquouse.

Pendant ce temps, le clone d'Abe le Dingue commençait à s'agacer. Lui se faisait chier à prendre en otage des mecs, et ceux-ci l'ignoraient, discutaient, se battaient, même. Aucun respect. C'était mieux après.


"Ce ?! Ben, oh, hein, on est pas là pour se la chiacchierare, j'veux dire pour discutailler, donc maint'nant les lotpocs vous la bouclez, compris ?" s'exclama le clone dans son étrange sabir du futur.

De l'extrémité brasillant de son canon, il indiqua à Hazel de rejoindre Ilario et Mika, qui s'étaient assis dans un coin, fermant leurs gueule depuis ce qui semblait maintenant des mois.
À côté d'eux, Fry était toujours roulé en boule, appliquant avec brio le principe de retour inverse de la lumière, avec peut-être une légère erreur d'interprétation quelque part, cela dit.
Abe le Dingue, quant à lui, regardait avec une vigilance haineuse son clone. Ce n'était pas la première fois qu'il en rencontrait un, et se méfiait de leur tendance à tous se prendre pour le véritable Abraham, et le goût qu'ils avaient à s'entretuer.


"Vous voulez vraiment savoir où est-ce qu'on est, signorina ? demanda le clone en regardant Hazel. Il parlait avec plus de distinction, gardant pour lui son argot à venir. On est au grand virage de notre temps ! Le basculement de ce monde dans la sauvagerie, la table rase... La page blanche à partir de laquelle le monde de demain s'est construit.
Nous sommes là où se sont établis tous les enjeux de l'époque de laquelle je viens. Et c'est pour changer cette époque, et agrandir notre pouvoir sur le monde que nous sommes là.
Une sorte de colonialisme temporel, si vous voulez. Nous débarquons avec nos armes puissantes, notre technologie évoluée, là où sont toutes les opportunités.
Et ainsi nous investissons à rebours sur notre situation future."

Abe le Dingue commençait à comprendre. L'habit rouge vif, le discours préfabriqué et illuminé, la volonté aveugle de faire triompher son parti. C'était un agent du régime.

"- T'es un de ces foutus Politiqueux, c'est ça ? s'exclama Abe en souriant. Et comme tous ces pauvres mecs, tu pètes plus haut que ton cul, c'est ça, hein ? Ah tu me fais bien rire... Le mec a été créé dans un tube en verre à partir de mon ADN... T'es même pas un être humain, t'es juste une bouillie industrielle d'acides aminés !

- Ma, si, peut-être ! Mais je suis pas le seul. Zegm, eh, vous allez voir, xix'... marmonna-t-il avant de rajouter à haute voix: On va aller faire un tour."

Le clone leur attacha solidement les poignets avec une corde, un par un, puis, les tenant en joue, les fit sortir du bâtiment. Là, il leur ordonna d'avancer tout droit, et de se grouiller, y avait un p'tit bout de chemin.




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Sujet du message: Re: The wasteland [RP post-apocalyptique]
Publié: 08 Fév 2016 15:06

Hazel alla rejoindre les autres otages sans piper mots pendant que le clone déblatérait son discours.
C'était bien joli tout ça, mais il n'avait pas répondu à sa question.

Elle se laissa faire quand il lui ligota les poignets et avança quand il ordonna la marche hors du bâtiment.
Il était absolument hors de question de se laisser mener ainsi par le bout du nez... surtout pas par "une bouillie industrielle d'acides aminés". Le barge les tenant en joue, elle n'avait pas le droit à l'erreur et faisait s'enchaîner une suite de plans à vitesse grand V dans sa petite caboche.
Elle finit par opter pour la moins absurde.

Il se trouve que la demoiselle a les poignets extrêmement fins.
Ainsi après quelques torsions bien senties (j'entends par là, douloureusement désagréables), elle parvint à se dégager une main.
Discrètement, elle fit glisser celle ci vers l'un de ses piolets, s'en saisit, et après un enchaînement de pirouettes, attrapa le clone à la gorge, le piolet prêt à être planter à la moindre bêtise de sa part.


"Ok... maintenant c'est moi qui parle. Tout ce que je veux, c'est trouver une location de vacances et prendre un bain. Alors tu vois, tes histoires de colonisations politiquardes temporelles, je m'en cogne. Lâches ton arme."

Elle s'adressa ensuite à celui qui semble être la copie originale de Abe.

"J'en fais quoi ?"

Abraham 95

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Sujet du message: C'est pas bientôt fini les Cloneries ?
Publié: 09 Fév 2016 19:12



Abraham 95 regarda son clone dans les yeux, hésitant. Connaissant, pour avoir vécu l'époque concernée, les enjeux du discours inquiétant du clone, il s'était préparé avec une certaine hâte curieuse à découvrir l'endroit où le clone voulait les emmener. L'histoire de comprendre vraiment de quoi il en retournait.
Ce dernier, même menacé de mort, ne démordait pas de sa verve haineuse.


"Haha, ne me dîtes pas que vous faîtes confiance à ce lirfullard... Il vous trahira, et vous tuera, il a ça dans le sang... Hein, tu te souviens, le frère innocent que tu as égorgé dans la conduite de fibre optique, hein ?" invectiva le clone.

Abe, dont les yeux s'étaient troublé l'espace d'un instant, se précipita de donner un coup de pied dans la mâchoire du clone, qui en tomba dans les pommes (l'odeur des chaussures n'y était pas pour rien, mais là n'est pas la question).


"N'écoutez pas ce mec, c'est un spécialiste de la propagande. Je l'ai déjà expliqué à certains d'entre vous, mais autant que la situation soit bien claire pour tout le monde. Libre à vous de me croire, mais voilà : j'ai effectué y a quelques temps de cela un voyage dans le futur. C'est là que je me suis fait cloner. Dans le futur, y avait en place un système dictatorial avec une police politique qui portait des vêtements rouges comme lui. J'ignorais qu'un de mes clones avait rejoint cette police politique, mais après tout, je ne sais pas combien de clones il existe en tout, donc c'est possible, que dans le tas..."

Tandis que le clone commençait à reprendre tes esprits, Abe prit un vieux mouchoir, et lui enfonça dans la bouche, pour qu'il ne puisse plus parler. Puis il se pencha vers lui, et lui déclara droit dans les yeux :

"Écoute, j'ai envie de comprendre ce qu'il se passe clairement ici. Alors tu vas gentiment nous conduire à ton camp. Et discrètement, hein. J'veux dire, qu'on puisse le voir sans être remarqués. Si tu refuses, un coup de piolet dans la gorge, c'est pas plus compliqué."

Le clone n'avait pas vraiment le choix. Après qu'on lui eut attaché les mains, il continua la route qu'il avait commencé tout-à-l'heure, mais cette fois-ci à la place de l'otage.

Non loin de là, dans une mare boueuse, une étrange créature, au profil batracien, observait la scène d'un œil inquiet, et hésitait à dévoiler sa présence.




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Hazel

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Sujet du message: Re: The wasteland [RP post-apocalyptique]
Publié: 22 Fév 2016 14:54

Hazel décida de laisser tomber, pour l'instant, son idée de location de repos et rejoignit Abe dans l'idée de découvrir ce qu'il se passe vraiment ici. Et puis, de toute façon elle n'a rien de mieux à faire.

Alors qu'ils marchent depuis un bon vingt minutes, elle s'arrête histoire de refaire son lacet et boire une goutte d'eau (légèrement radioactive) laissant ses compagnons prendre de l'avance.

Première boucle puis la deuxième et... il y a comme une présence non loin. Hazel a la sensation d'être lourdement observée.
Se redressant d'un bond elle sort son USP Match et zieute dans tous les sens.
Rien.
Figée, elle n'ose bouger.
Serait ce une nouvelle hallucination ?

La chose finit par se montrer (involontairement), elle aperçoit quelque chose de verdâtre au loin, pointe son arme vers elle et cri :


- Halte ! Montrez vous et mettez vos mains en évidence !

Elle espère que son cri d'alarme arrêtera les autres dans leur progression car ce qui se dresse devant elle a tout de la Créature du Lac Noir et elle doit se contenir pour ne pas fuir de terreur en hurlant comme un dingo des alpes du sud.

Abraham 95

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Sujet du message: L'Ampoule aux pots, tout un style
Publié: 05 Mars 2016 19:44

Désolé pour le retard. Et ça risque de devenir un peu WTF à partir de maintenant, donc désolé pour ça aussi.



Abraham 95 marchait avec le reste du convoi dans les landes désertiques près de là. Il tenait le Clone en joue avec le pistolet laser qu'il lui avait pris, et ils avançaient un peu moins vite, sachant qu'Hazel était partie boire un coup. Mika et Ilario n'osaient pas ouvrir la bouche depuis longtemps déjà. Le Joker semblait dépassé par la situation, son regard se promenait dans le vide, sans comprendre ce qu'il se passait devant lui. Ilario White lui tremblotait, sans qu'on puisse dire s'il couvait une légère crève (le corps fouetté par les vents frais et les crachins hivernaux) ou s'il était effrayé par la violente et sauvage réalité du monde.
Fry semblait avoir complétement perdu la raison. Il traînait des pieds à l'arrière de la troupe, comme si lui même avait été fait prisonnier. Son visage était renfermé, une flamme froide brillait dans ses yeux, et il marmonnait des jurons.

Abe le Dingue regardait ainsi avec tristesse ses trois amis (car ils l'étaient tous, ou du moins l'avaient tous été à un moment ou l'autre), et ressentait en lui, sans qu'il ne puisse en définir clairement les contours, les tenants et les aboutissants, comme un sentiment d'imminente extinction. Il faut dire que tout le paysage autour de lui s'y prêtait.


Qui est-ce que je crois tromper, à me prendre pour un guerrier, comme ça ? Est-ce que je suis pas juste en train de faire semblant ? Je perds une énergie incroyable à croire et à défendre des ombres... Je trouverais jamais Mono'... Mono' est morte... Jusqu'à la moindre trace de son existence s'est perdue dans ce funeste accident technologique... Et même moi je crois bien que je commence à douter de mes propres souvenirs de Mono'...

C'est alors qu'Hazel surgit de nul part. Ou plutôt de derrière la butte où ils l'avaient laissée s'envoyer des bonnes gorgées d'eau fluorescente qui réchauffe par où elle passe. Courant et criant, comme si elle fuyait quelque chose, elle vint finalement s'écrouler près d'eux.
Le souffle coupée, elle essayait d'expliquer la situation, mais l'effort et la frayeur avait été trop grands, et elle ne parvenait pas à émettre des sons intelligibles.

À sa suite, on vit alors apparaître, prenant son temps, une silhouette improbable, qui allait bientôt bouleverser tout ce petit monde. La chose avait un air humain dans son ensemble ; sa taille était celle d'un SCéen moyen, elle marchait sur ses deux jambes, deux longs bras pendaient depuis ses épaules, son torse et son bas-ventre étaient recouverts de vieilles loques lui servant de vêtements. Mais tout le reste chez cette créature rappelait plus le crapaud, ou n'importe quel batracien, verdâtre, bavant, les écailles de sa peau recouvertes d'un espèce de mucus.
Ses grands yeux globuleux les regardaient d'un air vague. La bête ne semblait pas bien les distinguer, et s'approchait d'eux comme pour les voir de plus près.


"Merde, mais qu'est-ce que c'est que ce truc... Ça ressemble à rien de ce que j'ai déjà vu... Pourtant j'ai vu des trucs vachement bizarres dans le futur... Mais ça..."

Une fois assez proche, elle aperçut Abe le Dingue et son Clone, s'arrêta quelques instants, comme particulièrement étonnée. Elle jeta un coup d’œil inquiet à la mine défaite de Mika, et passa un long moment à scruter Fry quand elle passa à côté de lui.
Le monstre avait l'impression – alors que tout le monde autour de lui s'était stoppé, et qu'il passait devant les uns et les autres sans un geste de leur part, et que le vent dans la plaine avait arrêté un instant de souffler, comme si tout ce qui l'entourait était engourdi dans la même hébétude – de débarquer au milieu d'un arrêt sur image. L'arrêt sur image d'un film ayant pris une mauvaise tournure. Un film dont les personnages lui semblaient familier, tandis que lui, comme un spectateur impuissant, se déplaçait entre eux sans que personne ne le reconnaisse.

Cette mauvaise comédie durait pour lui depuis des mois durant ; un an déjà peut-être, il croyait se souvenir que s'était à la fin de l'hiver que cette horreur lui était tombé dessus.
Ainsi il avait vu son corps disparaître, englouti de l'intérieur par un autre, et sa carcasse déchirée être brinquebalée à travers le temps, abandonnée sous le feu du désert, et ramenée parmi les ruines de tous ses accomplissements, juste quand il avait pu trouver secours, pour être finalement le témoin de la phase terminale de ce monde dont il avait tant profité.

Alors que toutes ces pensées lui parcouraient l'esprit, il se rapprochait de plus en plus d'Abe le Dingue, le dévisageant avec une sorte de curiosité, à la fois jalouse et interrogative.
Abe, lui, s'agrippant à son pistolet, commençait à vraiment s'inquiéter.


"- Merde, mais qu'est-ce que t'es ? Tu m'entends ? Tu comprends ce que je te dis ? T'as l'air, hein ? C'est la radioactivité ? C'est la radioactivité qui t'a fait ça ? T'as muté à cause d'elle ? T'étais un mec normal et t'as muté, c'est ça ? C'est donc que t'étais un mec normal, donc tu peux me comprendre ! Arrête-toi, approche plus ! Arrête, j'ai un flingue, je peux tirer !
Putain, mais qu'est-ce que tu me veux, pourquoi tu me fixes, comme ça ? Si tu comptes vraiment m'attaquer, va falloir être plus rapide que ça... Mon pote, je sais pas ce que je t'ai fait... Souviens-toi, souviens-toi que t'es un être humain ! On est de ton côté ! Souviens-toi, on est des humains, comme toi ! Allez, rappelle-toi, des êtres humains, mais vas-y, réagis, je sais pas, fais quelque chose ! Souviens-toi, tu devais bien avoir un prénom, un truc comme ça ! Comment tu t'appelles, mon pote, comment tu t'appelles...?

- Abraham 95, répondit la créature.

- Q-q-quoi ? Qu'est-ce que tu m'veux ?

- Non, je veux dire, c'est moi" souffla Abraham 95, le regard hésitant.

Le Clone, les yeux hilares, réussit à cracher son bâillon, et cria à Abe le Dingue: "Haha, tu vois, t'es qu'un clone de merde, toi aussi !".


Si vous ne trouvez pas quoi dire après tant de n'importe quoi, demandez-moi d'éditer le message, ça ne me dérange pas.
Mais bon, ça changera pas du tout au tout. Je ne fais que régler une (trop) vieille situation, ça tombe sur ce RP parce qu'il s'y passe quelque chose, mais ça aurait dû faire l'objet d'un traitement à part.




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Abraham 95

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Sujet du message: Cage qui faut pas entendre
Publié: 17 Juin 2016 17:02

Petite ellipse. Mais bon, c'est pas comme si le RP était interrompu depuis plus de 3 mois. Et comme si quelqu'un en avait quelque chose à foutre.

Image =/= Image
Abe le Dingue .............. Abraham 95, après mutation


Abraham 95, ravalant son flot de bave, regardait la danse hasardeuse des flammes, sous le souffle syncopé du vent. Depuis qu'il avait fini de raconter son histoire, un silence d'incompréhension régnait sur la troupe. Hazel, épuisée de toutes ses frayeurs, sommeillait dans un coin. Ilario, qui semblait bien mal en point, ne devait pas tarder à la rejoindre. Mika94, recroquevillé sur lui-même, lançait de temps à autres un œil en colère, comme s'il ne se pardonnait pas d'avoir embarqué dans cette histoire. Le Clone, toujours solidement enficelé, et qu'on avait pris soin de ré-bâillonner, pendouillait aux restes noircis d'un cèdre. Au tronc de l'arbre, on avait attaché Fry, qui semblait s'être calmé.
Et enfin, le chef improvisé de cette petite troupe, Abe le Dingue, assis sur son rocher, examinait son pistolet laser, comme pour se distraire l'esprit.


"Ne fais pas cette tête-là, Abe le Dingue, enfin, lança finalement Abraham. Je... Je sais que ça doit être très dur... De..."
Le Batracien s'arrêta, hésitant, ne sachant vraiment comment trouver les mots.
"Ok, tu croyais être le vrai Abe, mais tu es en fait un clone... Et... Et alors, j'ai envie de dire ? Tu as les mêmes souvenirs que moi, le même corps que moi... Enfin, en temps normal... Tu es une de mes continuités parallèles, un autre Abe, tout autant Abe, mais qui a vécu une trajectoire différente à la sortie de l'incubateur..."

Abe le Dingue aurait préféré ne pas en parler, essayer d'oublier un instant l'implosion de son existence.
"Mais tu l'as bien dit, tu l'as bien dit, je ne suis qu'une de tes continuités parallèles... J'ai basé toute ma vie là-dessus et je..." hésita-t-il un instant, avant de se renfermer, l'intérêt de la réponse lui semblant nul.

Dans le calme qui suivit, on entendit alors un ronronnement mécanique qui s'avançait dans la vallée. Le visage du Clone se redressa, sur son arbre perché, et ses yeux s'illuminèrent d'une lueur lointaine.
Un véhicule blindé surgit soudain de derrière la colline, ses deux immenses phares déchirant les ténèbres, et freina violemment devant le feu de camp.
Le canon de sa tourelle tournoyant un instant, et, repérant la seule arme du groupe, envoya bouler Abe le Dingue.


"Hey, les ragazzi, haha, c'est moi !" s'écriait le Clone, dansant de joie sur sa branche.
Il s'adressait, avec tant d'épanchement, aux trois soldats sortis du véhicule, vêtus du même uniforme rouge écarlate. Relevant leurs visières dorées, on découvrit alors un visage, qui ne semblait plus appartenir à grand monde: encore trois clones.



Les ombres des camions défilaient en ordre dans la nuit. C'est dans un camp agité qu'arrivèrent les 6 prisonniers, au milieu des volutes de poussières. Une dizaine de bras les arrachèrent de leur benne, pour les jeter dans une cage de fortune.

Abraham regardait les soldats écarlates marcher au pas, sans vraiment comprendre. Abe le Dingue, toujours paralysé par le laser, n'avait pas eu le temps de lui expliquer l'ambitieuse entreprise de colonisation des Politiqueux.
Plus le Batracien les regardait, plus il croyait comprendre qu'il s'agissait-là uniquement de clones. La même taille, le même déhanché smooth et sexy, et dès qu'une visière se levait, c'était le même visage qui revenait.


Ah bah dis, c'est pas banal... songea-t-il. En effet, jusqu'à présent, il n'avait pas eu l'habitude de se voir par lot de cent.

Au-delà de l'ordre des pas de l'oie, l'organisation générale semblait plutôt chaotique au premier abord. Puis, à force de les observer, au travers d'une rangée de barreau en bambou, Abraham cru déceler deux foyers principaux, autour desquels virevoltait cet étrange balai.
Le grand feu central était le plus évident. Une flamme de très belle facture, de quelques 6m de circonférence. Tous les camions garés étaient tournés vers celle-ci. Et devant, de l'autre côté du brasier par rapport à la cage, s'élevait une tente plus haute que l'ordinaire, et donc la fade couleur sable était relevée par un pourtour cramoisi. Au pied de la tente, on croyait deviner, au gré des fluctuations turbulentes de la combustion, une silhouette imposante et recouverte de dorures, buvant son café. Et toujours le même visage.
L'autre centre de toutes les attentions était moins aisé à repérer. C'est au bout d'une heure qu'Abraham, suivant la course des camions chargés de sable, remarqua ce qui ressemblait à un large trou. Une toile, faite de fils et de bâches, s'étendait au-dessus, et on pouvait distinguer des ombres humaines pelletant de la poussière.


"Mais qu'est-ce qu'ils cherchent, ces cons-là..." s'interrogea Abraham à voix-basse, ne prenant pas la peine de se faire entendre de sa joyeuse compagnie. Effectivement, les rares qui ne dormaient pas étaient ceux qui avait été paralysés (ils avaient aussi foutu un petit coup de laser à Fry).

C'est alors que la silhouette dorée de la grande tente, accompagnée de quelques grouillots, s'approcha de la cage. La dévotion dont faisaient preuve les autres soldats semblait indiquer qu'il s'agissait bien là du chef. Il passa d'abord devant le corps engourdis d'Abe le Dingue, esquissant un sourire méprisant, avant de s'arrêter face à Abraham.


"- Alors ce serait là l'original ? demanda-t-il avec condescendance.

- Affirmatif, citoyen-Colonel ! beugla le clone qui était certainement leur ancien prisonnier.

- C'est notre clonage qui a sacrément foiré, ou lui qui a quelque peu changé depuis le temps ? s'interrogea le Clonolel Colonel.

- Je l'ignore, citoyen-Colonel, mais il a lui-même affirmé être l'original, citoyen-Colonel, et a rapporté une histoire cohérente à ce propos, citoyen-Colonel, qui a même réussi à convaincre le chien libertaire Abe le Dingue, citoyen-Colonel !

- Ouais, et je confirme, s'exclama ombrageusement Abraham.

- Taisez-vous ! Qui vous a autorisé ?! hurla le Colonel. Jusque-là taquin et moqueur, la remarque d'Abraham avait échauffé son sang en un instant, et il éructait en donnant des violents coups de cravache dans les barreaux.

- Vous prendrez la parole quand le citoyen-Colonel vous en aura donné la permission !!" meugla à son tour le soldat.

Le Colonel, après avoir repris son uniforme en place, essaya de se calmer, et retourna à cet escient dans sa tente, se prendre, disait-il, une petite tasse de XM21.
"Ça détend toujours !".

Débarrassé de ces énergumènes, Abraham reprit son examen de l'excavation mystérieuse. Mais la scène était lointaine, et ses yeux fatiguaient. De légers vertiges l'étreignaient et il crut entendre des bousculades contre le métal blindé des camions.
Un poème se promena dans son crâne.

Et cognent en volant les volets et l’auvent
À travers les lueurs que tourmente le vent.

Un vague pressentiment flottait en lui.


Si vous avez envie de répondre, répondez. Mais je sais bien que je ne parle à personne, là.




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Abraham 95

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Sujet du message: C'est même à ça qu'on les reconnaît
Publié: 25 Juin 2016 17:01

Image
Abraham 95, après mutation


Abraham 95 essayait de se remettre les idées en place, se tenant d'une main à un barreau, et levant la tête face à la bruine fraîche qui tombait, picotant un peu la peau.
Le Vieux remarqua alors la spirale descendante du vol d'un grand corbeau noir. L'oiseau avait l'air complétement crétin.


Ah, bah merde... Il me dit quelque chose, ce piaf... Hm... Oh non, c'est pas vrai, pas ces cons-là...

Et si. On vit alors sortir de l'ombre d'un camion un des rares visages dans le coin qui n'était pas celui d'Abraham. Mais au contraire, une des pires abjections à des kilomètres à la ronde.
C'était Yonoqlari Ko'k, le Sire à la Joue bleue, chef de la troupe du démon qui avait transformé Abraham à son image, avant de mourir.
Le Batracien leva les yeux au ciel, sentant déjà venir le quiproquo dont il allait être victime.

Le démon, adjoints d'autres infâmes silhouettes restant dans la pénombre, s'approcha discrètement de la cage.


"- Eh, Sho'r Qurbaqa, c'était le nom du démon dont Abe avait pris l'apparence, c'est nous ! C'est avec fierté et étonnement que je te retrouve ici ! On te croyait mort et te voilà finalement au lieu où convergent toutes nos recherches !

- Pardon ? demanda Abraham, ne comprenant pas tout-à-fait, mais se figurant enfin l'avantage de la situation. Ah, euh, oui... J'ai eu des emmerdes avec les humains... Surtout avec... Avec Abraham 95 ! rajouta-t-il, se retenant de sourire. Cet homme doit être un des grands sorciers de son temps ! Voyez comme il s'est multiplié par dizaine pour établir ce camp !

- Oui, nous avons vu ça. Et... Tiens, il y en a tellement qu'ils en ont mis un jusque dans ta cage, tu as vu ?

- Ouais, ouais, en effet... Ben ouais, euh... Il s'était rebellé contre eux...

- Bon, on te fait sortir de là, et après on finit notre petite affaire, hein ?" s'exclama Yonoqlari, y rajoutant un clin d’œil complice.

Le démon saisit alors un barreau dans chaque main, et ouvrit une brèche dans la cage en les écartant. Abraham, au moment de sortir, eut un regard derrière lui, se demandant que faire de ses amis endormis. Il regrettait surtout d'abandonner Fry et Mika, avec qui il avait vécu de bons moments, mais préféra sauver sa vie en premier lieu.
Il se précipita, accroupi, jusque dans l'ombre où l'attendaient les autres démons, Uzoq Tish et Tatuirovka Qarashda. Tous le félicitèrent, par des tapes amicales dans l'omoplate. Puis ils se tournèrent vers l'excavation.


"- Bon, maintenant, il faut qu'on arrive à récupérer l'astrolabe au nez et à la barbe des humains, ordonna Yonoqlari.

- Chic idée qu'ils ont eu de le trouver et le déterrer à notre place ! s'exclama Uzoq.

- Ah !" L'astrolabe ! C'est donc ça qu'ils cherchent ! pensa Abe.
Il faut dire que cet astrolabe était un objet convoité. Manta et Abe avaient eux-même reçu pour mission de le retrouver, et s'étaient en cela retrouvés en concurrence avec la troupe de démons. Et à présent c'était les Politiqueux qui débarquaient du futur pour s'en emparer.


Je vais devoir la jouer fine. Si je réussi à récupérer l'astrolabe... Peut-être que le Triangle réapparaîtra pour me libérer de mon serment... Et alors je pourrais lui-demander de me retransformer en humain... Bof, ouais, c'est très hypothétique, mais ça vaut le coup d'essayer...

Les démons se mirent alors à courir jusque dans l'ombre du camion suivant. De là, ils purent mieux apprécier la façon dont se constituait l'excavation. Une précision d'archéologue organisait le tout, avec de longs filins délimitant la surface en parcelles. Certaines, déjà creusées et dont on révélait à présent les entrailles au pinceau, étaient recouvertes de bâches pour être protégées du vent. Les parcelles à ciel ouvert étaient quant à elles toujours pelletées.
Aux bords de l'excavation se tenaient quelques tentes, où étaient examinés les objets découverts.


"Hm, c'est bien gardé... Et l'astrolabe ne semble pas avoir été trouvé... murmura Yonoqlari. S'ils creusent de nuit comme de jour, je me demande bien comment nous allons bien pouvoir... Hmm..."

Pendant ce temps, Uzoq griffonnait un bout de papier, quand il lâcha un léger rire. Calculer les coordonnées de l'astrolabe n'était pas chose aisée. En effet, ce qui faisait l'exceptionnel de l'objet, c'était sa composition qui défiait les lois de l'espace et du temps. Le Triangle avait expliqué à Abraham qu'il était fait de jade par seconde, ce que le Vieux n'était pas vraiment parvenu à comprendre.
En bref, l'objet était tel que sa position avait changé depuis le début des excavations, et Uzoq était parvenu à calculer son nouvel emplacement, ce qu'il s'empressa d'annoncer à ses camarades.


"Normalement, fit-il en regardant sa feuille, il devrait maintenant être... Il releva la tête et, avec une dose de pifomètre, désigna une longue tente au loin, par là."

Les démons convinrent alors entre eux de se déguiser, comme ils savaient le faire, bien que ce fut toujours un peu instable. En plus le modèle les entourait de toutes parts. Ils prirent ainsi l'un après l'autre l'image d'Abraham 95 en tenue de Politiqueux.
Abraham 95, coincé comme on le sait dans l'image d'un démon, n'en avait pas pour autant les capacités. Les autres démons le regardèrent donc, interloqués.


"- Bon, Sho'r, qu'est-ce que tu attends ? On y va !

- Euh, je, euh..."

Soudain, les phares du camion qui leur servait de cachette s'allumèrent. Abe profita de cette opportunité rocambolesque, et utilisant ses cuisses batraciennes, sauta dans la benne, tandis que l'engin entamait une marche arrière, qui dispersa les démons.

Se tractant des deux mains, il regardait du rebord de la benne la course du camion, à travers le camp et les volutes de poussière. Lorsque celui-ci, effectuant un large arc-de-cercle autour de l'excavation, se rapprocha le plus de la longue tente désignée par Uzoq, le Vieux quitta son équipage ignorant.
Enfin, il approcha discrètement de la tente, entrevoyant l'intérieur lors des allers-retours de quelques soldats.


Oh, j'y crois pas, ils ont pas osé, les cons...


Je continue mon monologue, et ça pourrait durer longtemps, même si toute intervention est la bienvenue.




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Abraham 95

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Sujet du message: La Maison (Close) Barbie
Publié: 06 Juil 2016 18:58



Abe le Dingue commençait à sortir peu à peu de sa paralysie. Ses forces lui revenaient par vagues, et il sentait chacun de ses muscles pris de fourmillement, jusqu'à ce qu'il put enfin se redresser. Il constata alors ce qu'il avait cru deviner, au travers des murmures qu'il percevait dans son engourdissement : Abraham le Mutant s'était enfui à l'aide de quelque complicité, et de la brèche béante des barreaux.

Une fois qu'il tint à nouveau debout, Abe le Dingue ne se fit pas prier, et faussa compagnie à ses camarades de chambrée. Il jeta un rapide coup d’œil au camp des Politiqueux : il en avait déjà vu des semblables lorsque, fuyant dans les steppes cramées de l'Avenir, sa cohorte en haillons, harcelée par les Shelbykhs sanguinaires et l'aquilon poussiéreux, avait croisé un bivouac d’avant-garde de la Tyrannie monoraillienne.

Le Dingue connaissait la castramétation politiqueuse, et ses signes subtils. Ainsi comprit-il que le pourtour cramoisi de cette grande tente, qu'on pouvait voir au-delà du brasier central, indiquait la présence de l'état-major du camp.
Toujours aussi déterminé dans sa lutte acharnée, celui qu'on avait un temps nommé l'Éventreur des Écarlates se mit dans l'idée de trancher dans le vif, en éliminant sèchement le commandant de ce corps d'expéditionnaire.
Au moment de saisir son corps paralysé, les grouillots ne l'avaient pas débarrassé des nombreuses lames, qu'il cachait çà et là dans son habit.


Par l'ombre des camions, je devrais arriver à m'approcher discrètement de la tente...

Abe attendit dans un premier temps que l'un des camions finisse sa marche arrière, et quitte le cercle où ceux-ci étaient garés, puis s'élança en toute discrétion dans son assassinat.
Rampant dans la pénombre, il se mouvait ainsi à l'abri des regards, avec sous la main une dague, et dans les yeux l'amertume lasse de la sauvagerie, à laquelle le contraignait un destin blafard.
Apprendre qu'il n'était qu'un clone avait obscurci la longueur de ses jours, la majeure partie de ce qu'il prenait comme son existence, et où brillaient les souvenirs diffus de félicité, s'étant retrouvée sous le ciel des accomplissements d'un autre, et sa vie n'était donc plus que la lente enfilade d'emmerdements qu'il s'était persuadé n'être qu'un mauvais passage.

Voletant parmi les abris et les ombres, il soignait d'un éclat métallique son périple sur les trachées ennemies, quant le hasard faisait croiser sa course aux pas disciplinés d'un soldat.
La prochaine étape de ces cachettes lui sembla être une longue tente grise qui se tenait devant lui. Comme précédemment, il comptait profiter de l'ombre, en passant du côté opposé au foyer central.
Mais arrivé dans la largeur de la tente, il entendit nettement des mouvements du côté qu'il visait, et se résolut à tout hasard à passer dessous.
Soulevant le tissu, il roula sur lui-même, et se retrouva, par chance, couvert par une table.


Bon sang, mais qu'est-ce que c'est que cette merde !

Comme souvent dans une armée en campagne, afin d'assouvir avec discipline les pulsions perverses, on avait embarqué un bordel, et toutes les prostituées qui allaient avec. Sauf que, comme en chaque chose qui se trouvait en ce camp, c'était le même visage qui revenait, parmi les filles de joie.
Le Dingue, bien que se sachant clone à présent, ne pouvait réussir à croire que d'autres clones acceptent de telles bassesses.


C'la dit, on m'avait toujours traité de langue de pute, y avait peut-être une raison, pensa-t-il pour distraire son dégoût.

Toujours à quatre pattes sous la table, il se retourna afin de poursuivre au plus vite son chemin, quand son visage heurta une surface gluante. Vu la fonction de l'endroit, il avait toutes les raisons de craindre le pire.

Bon, il s'avéra qu'il s'agissait du visage d'Abraham le Véritable. Abe le Dingue ne savait pas trop si c'était préférable aux appendices qu'il avait d'abord craint. Surtout que la simple vue du crapaud dégénéré suffisait à lui rappeler la médiocrité de sa propre existence.


"- Tiens, comme on se retrouve ! Dis, je... commença Abraham.

- Excuse-moi, si tu le permets, je suis en route pour faire un petit nettoyage parmi l'état-major du camp, l'interrompit le Dingue, qui n'avait pas envie d'entamer une conversation avec ce type.

- Ah ouais ? demanda Abraham, avant d'hésiter une seconde. Et... Par où tu vas passer ? Parce que la tente est cernée de toutes parts.

- Ça c'est une question que j'ai pas encore réglée, que je t'l'accorde.

- As-tu déjà songé à la voie souterraine ? entama Abraham, avec un clin d’œil. Il s'avère, pour des raisons qui m'sont propres, que je dois moi-même l'emprunter. Et si nous creusions un petit bout de galerie ensemble ? Ça serait que plus rapide, et on pourrait se tenir conversation.

- La rapidité, je veux bien, répondit le Dingue après réflexion, mais la conversation ça attendra, j'suis pas d'humeur."

Abraham et Abe se mirent donc à creuser la terre poussiéreuse, directement avec leurs mains, vieilles et décharnées pour l'un, palmées pour l'autre.

Redoutant l'arrivée de la concurrence démonique, le Batracien regardait quand même anxieusement la salle, entre deux poignées de limon séché.
L'errance indécise d'un groupe de soldat attira son attention, et l'effacement progressif de leurs pupilles acheva de le convaincre : c'était bien la joyeuse troupe de Yonoqlari.
Et tandis que le Dingue lâchait des soupirs sur l'inutilité de l'entreprise, face à l'ampleur de la tâche, eux semblaient se demander comment lancer leurs fouilles dans un bordel aussi littéral.




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Abraham 95

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Sujet du message: Aller au Bordel comporte des Rixes
Publié: 11 Sep 2016 17:59

Image
Abraham 95, après mutation


Abraham 95 commençait à son tour à s'interroger quant à la vanité de sa tâche : creuser ainsi à la main un bout de terre choisi au hasard, alors que l'astrolabe pouvait se trouver n'importe où sous la surface de la tente, et à n'importe quelle profondeur.
La hauteur de ses ambitions débordant de toutes parts l'étendue de ses capacités
– l'enthousiasme initial n'y changeait pas grand chose – il arrêta son ouvrage, et perdit son regard sur ses bras ballants.
Il s'était précipité dans ce qu'il lui semblait être sa dernière occasion, alors qu'il rampait de plus en plus vite vers l'extinction, mais se désespérait à présent face à l'ampleur d'un objectif inatteignable, fiché au-delà d'hectolitres de poussières et de putains.


D'une impulsion qu'il accompagna d'un crachat, BillX30 se releva de sa couchette, avant de calmer une démangeaison de l'entrejambe. Encore une défaite contre YvesZ1664 à l'Escoudirette, et encore une partie de sa solde finissant dans les poches sonnantes de cet enculé. C'est peut-être la ruine qui l'attendait au tournant, mais BillX30 s'était convaincu de trouver le moyen de le vaincre, et sortant de la tente empli de dégoût, il était tout-à-fait lucide avec lui-même, et reviendrait demain.

C'est une autre forme d'impulsion, plus horizontale cette fois-ci, vers laquelle il se dirigea. BillX30 voulait sauver sa soirée, si rageante pour l'instant, et déjà il sentait comme un réconfort monter en lui, alors que sous la clarté du ciel nocturne, le sol humide exhalait une fraîcheur apaisante.
Il alla donc au bordel.


"Désolé, on laisse plus entrer personne, c'est fini pour aujourd'hui." annonça à l'entrée un soldat, dont les pupilles détonnaient de clarté avec le reste des clones.

"- De quoi, c'est fini ? s'exclama BillX30 qui, fidèle à son modèle original, avait horreur des soirées gâchées.

- Mais qu'est-ce qu'il raconte, lui ? fit un autre soldat, soulevant le pan de l'entrée, et posant tout sourire sa main sur l'épaule du rabat-joie.

- Les prisonniers qu'on a capturés tout-à-l'heure se sont évadés, ils peuvent être n'importe où, on boucle les issues, et puis c'est tout, ordre du Colonel." rajouta sans broncher l'étrange gardien, dont les pupilles allaient bientôt disparaître pour de bon.

Un régiment de clones d'Abraham 95 était une assurance peu sûre pour la discipline, et si ceux-ci consentaient à l'obéissance, c'était par la contrainte d'un espionnage interne constant, mais aussi, et surtout, par la permission fréquente d'un laisser-aller sauvage, notamment au cours des saillies orgiaques du bordel.
BillX30 se voyant privé de sa distraction, s'interrogea au fond de lui-même, et se reporta sur l'instinct de celui dont son corps était la copie, et dont il avait hérité d'un esprit et d'une mémoire déjà formés. Il sauta à la gorge du gardien, et lui mordit l'oreille jusqu'au sang.

Une certaine confusion, faite de poings et de crocs, agita alors la tente grise, et se trouva soudainement renforcée lorsque, sous l'effet d'un trouble pardonnable, le fâcheux gardien se transforma en sorte de lézard à l'aspect rebutant.
Ses amis démons se joignirent alors à la mêlée, quittant pour la plupart leurs déguisements, afin de profiter à nouveau de leur condition physique supérieure, fruit d'années d'entraînement ascétique, et surtout d'un code génétique mieux pourvu aux rigueurs froides des égarements transuniversels.


L’œil hagard d'Abraham regardait cela d'une curiosité gratuite (n'étant que très indirectement concerné par l'issue de la baston), quand il sentit une fraîcheur minérale lui heurter la pommette, dans un mouvement ascendant.
C'était l'astrolabe qui avait décidé, fidèle à son inconstance, de sortir de la poussière, et de faire un petit bout de chemin. Et il continuait de monter ainsi, semblant aussi léger qu'un ballon d'hélium. Abraham, comprenant l'opportunité qui lui était offerte par cette coïncidence, sauta sur l'occasion et l'objet, espérant arrêter sa course et convenir ensuite de ce qu'il en ferait.
Mais plutôt que de se stopper pour si peu, l'astrolabe s'envola de plus en plus haut, avec à sa charge un Abe quelque peu décontenancé quand les 30m de hauteur furent passés.



" À la bonne heure ! Bon, j'avoue ne pas saisir le concept de me le remettre à une telle altitude, mais l'essentiel c'est qu'il soit là."
Abraham reconnut la voix caverneuse du grand Triangle qui leur avait demandé de plonger dans cette triste aventure. Et c'est d'abord son œil unique qui transparut dans la nuit noire de l'atmosphère, avant que peu à peu l'on distingue l'Isocèle entier.

"- Oui, le voilà, maintenant on est quittes, n'est-ce pas ? après s'être demandé ce qu'il pourrait dire.

- Mais qu'est-ce que qu'il vous est arrivé, mon pauvre ami ? visiblement étonné de voir Abe dans un corps de démon.

- C'est les aléas de votre mission qui m'ont amené à subir... Enfin... Comment dire... C'est un des démons qui m'a transformé à son image. Justement, à ce sujet...

- Ah oui, dommage, l'interrompit l'Équilatère. Bon, et bien voyons voir cet astrolabe ! L'objet changea brusquement de trajectoire, comme détourné par une force invisible, et s'approcha du Triangle.

- Mais je... Je voulais vous demander... Pourquoi... Est-ce que vous pourriez me rendre ma forme normale ? répliqua Abe, hésitant quant à la façon de formuler sa demande.

- Mh, je ne sais pas. Nous sommes quittes, maintenant, vous n'avez fait que régler votre dette, je ne vous dois rien.

- Oui, oui, oui, mais, enfin, peu importe... Je veux dire, donnez-m'en une nouvelle de dette, c'est pas grave... Mais enfin je peux pas rester comme ça, quoi, c'est pas moi, c'est pas moi... Tout le monde a ma tête, mais pas moi... Depuis des mois maintenant, je vis seul dans la fange, par honte, et dans le désespoir d'une condition qui m'entraîne dans des vertiges de dégoût dès que j'y pense... Et je n'ose plus voir personne, et maintenant ils ont disparus... Mes amis ont disparu, et je reste isolé, et je ne me reconnais plus... J'arrive plus à vivre depuis que je me suis perdu... Je voudrais redevenir comme avant, redevenir celui que j'étais avant... Pitié ?

- Cela me paraît beaucoup d'efforts pour bien peu, et il n'y a rien que vous pussiez m'apporter. C'est une crise existentielle, mon petit vieux. C'est comme ça pour tout le monde, votre cas prend juste des proportions un peu plus mélodramatique. Du mauvais mélo, d'ailleurs. Et pour tomber dans la mauvaise philosophie, disons qu'il faut accepter de mourir continuellement pour arriver à vivre. Arrêtez déjà de regarder en pleurnichant une image de vous depuis longtemps trépassée. Ce n'est déjà plus vous. Maintenant vous êtes Abe le Mutant.

- Quoi ?! Mais non, non, mais je... dans la panique, de son entêtement cherchant des arguments, Abe balbutiait.

- Bon, maintenant je vais y aller, je pense... Va falloir que je trouve comment détruire cette cochonnerie.

- Non, non attendez ! Vous, v-vous pouvez pas me laisser comme ça, non, c'est trop cruel, c'est trop cruel, c'est à cause de vous que j'en suis arrivé là... J'en peux plus de vivre comme ça ! Vous étiez le seul et mince espoir qu'il me restait, et vous... Rha ! ragea-t-il.

- Hm ? Oh... Bah... Vous pouvez venir avec moi si vous voulez.

- De... Je... Quoi ?!

- Oui, ça me dérange pas plus que ça, après tout ça ne changera pas grand chose, vous êtes déjà accroché à l'astrolabe. En effet, Abe pendouillait toujours à l'objet, qui montait de plus en plus haut. Et puis vous verrez, c'est sympa d'être à l'état de concept, détaché de la matérialité. Dans votre cas, de votre corps, donc. Mais par contre, si ça se fait, pour vous renvoyer chez vous, ce serait plus compliqué, donc vous garderez vos regrets pour vous !

- Je ne sais pas, oui... Pourquoi pas ? lança-t-il avant de sentir en lui un pincement, devant l'éventuelle réalisation de cette proposition. Non ! Non, je peux pas, j'peux pas ! Y a encore des choses, des choses qui m'attendent en bas... Une chose. Il faut que je le fasse.

- Mouais. Toujours des vieux souvenirs après lesquels courir ? Ce n'est pas dans ce sens que s'écoule le temps, pépère, mais bon, vous faîtes ce que vous voulez, après tout, c'que ça peut m'foutre."

Le Triangle disparu alors, sans plus de cérémonie, emportant l'astrolabe avec lui, en laissant les mains du Vieux suspendues dans le vide, et Abe descendit lentement dans les airs.



C'est bientôt la fin, et c'est bien triste...




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Untel à fait tel affaire cool et voici peut-être un lien...

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